En avant pour le démontage.

Etat des lieux.

L'ablation du cylindre: démontage du moteur phase I.

Ahhhhh, enfin du travail mécanique, du vrai, du dur, du lourd...

Et bien non, c'est d'une facilité déconcertante!

C'est même allé si vite que je n'ai pas eu le temps de prendre des photos, c'est dire!

Le descriptif qui suit tient compte du fait que le moteur sera TOTALEMENT DEMONTE, et donc qu'il est inutile de garder monté le cylindre avant. Dans la mesure où il s'agissait de mon premier démontage de desmoquattro, j'ai décidé de l'ouvrir complètement pour ma culture personnelle et pour une inspection détaillée des pièces. Si vous souhaitez transformer un desmoquattro en mono avec balancier d'équilibrage " a la Bordi ", vous pouvez éviter le démontage du moteur puisque vous gardez la bielle supérieure et ajoutez le dispositif à l'extérieur du carter. Dans ces conditions, ne démontez pas le cylindre avant !

Ami lecteur attentif, tu comprends bien qu'il me faille ici te mettre en garde:
En aucun cas je n'endosse la MOINDRE responsabilité des horreurs que tu
pourrais faire subir à ton moteur en t'inspirant de mon démontage.
C'est TOI qui manie TES outils sur TON matériel et je me moque éperdument
de ce qu'il pourrait lui arriver par TA faute.
En Français dans le texte: " T'es prévenu mon gars, ne viens pas te plaindre!"

Voici les étapes principales du démontage du moteur :

L'accès au vilebrequin: démontage moteur phase II.

Lorsque j'ai décidé de me passer de balancier d'équilibrage et de tourner avec un " vrai mono déséquilibré ", j'ai bien évidemment compris que je devais me résoudre à un démontage complet du moteur ! En effet, l'adoption initiale d'un balancier d'équilibrage externe au bloc permettait de ne pas l'ouvrir, juste de se servir du pied de bielle qui émerge des carters et de l'articuler dessus. Par contre, l'utilisation d'un simple contrepoids sur le vilebrequin entraîne le démontage d'une bielle, et donc l'accès aux vis de tête de bielle... qui ne sont pas accessible sans un démontage complet du bloc !

Les blocs Ducati sont composés de quatre carters à plan de joint vertical, c'est à dire que l'on désassemble le tout en trois démontages. Les carters " extérieurs " enferment les dispositifs annexes ou portent les accessoires:

Le démontage du carter gauche ne présente aucune difficulté. Une fois retirées les vis M6 de fixation, quelques petits coups avec la paume de la main séparent le carter du bloc. Il faut faire attention à ne pas abîmer le joint spi de l'axe de sélecteur avec ses cannelures, c'est tout ! Le manuel d'atelier commande l'utilisation d'un petit extracteur à vis qui prend appui sur la queue du vilebrequin pour exercer la force d'arrachement nécessaire sur le carter, mais il est à mon avis totalement inutile : même en cas de pâte à joint durcie, quelques petits chocs mous suffisent par expérience à démonter la pièce !

Une fois démonté, le carter gauche libère l'accès aux accessoires directement fixés sur le vilebrequin (volant moteur, rotor d'alternateur), à la pompe à huile et au mécanisme de sélection. Ces deux derniers peuvent être démontés sans problèmes, à condition de bien faire attention aux trois minuscules joints toriques faciles à perdre présents sous la pompe à huile.

Le démontage du carter droit, en revanche, est un peu plus compliqué. Ce carter est traversé par l'embrayage qui tourne à sec alors que l'engrenage sur lequel il est fixé tourne en bain d'huile !

Le carter droit comporte dans ce but un gros joint à lèvre qui permet à la couronne de la transmission primaire d'avoir une face " au sec " sur laquelle est solidement fixé par 8 vis M8 la cloche d'embrayage.

Il est donc impossible de démonter ce carter sans au préalable désassembler complètement l'embrayage ! Ce qui nous donne dans l'ordre:

Ainsi déposé, le carter droit permet de récupérer sans effort ni outil la couronne de transmission primaire et ses rondelles de calage qui roulent à l'aide d'une douille à rouleau sur l'arbre primaire de boite de vitesse.

OK, c'est bon, nos deux carters latéraux sont tombés, nous pouvons démonter les deux carters principaux du moteur ! On prendra soin d'abord d'enlever la pompe à huile, de ne pas perdre les 3 petits joints toriques cachés dessous, de libérer le rotor d'alternateur et le volant moteur sans perdre les clavettes, de déposer la pignonnerie de démarreur et le démarreur proprement dit, l'entraînement de l'arbre de commande de distribution et de pompe à eau...

Surtout n'oubliez pas de démonter le clapet de régulation de pression d'huile et la bille de point mort ! Je me les suis pris dans la figure à l'ouverture, expulsés par leurs ressorts respectifs !

Eh, on ne rigole pas: on vit nettement mieux avec deux yeux qu'avec un seul.

On peut alors coucher le bloc sur le coté, en le surélevant du plan de travail à cause des axes qui dépassent, enlever tous les M8 et M6 qui assemblent les deux pièces et tirer vers le haut sur un carter. Normalement il vient sans problèmes ni efforts important, ou alors vous avez oublié de dévisser quelque chose ! On récupère les composants de la boite de vitesse, que l'on range sans en perdre dans une boite à l'abri de la poussière.

Le démontage de la bielle surnuméraire.

Puisque je suis parti pour faire un mono déséquilibré, j'ai besoin d'ôter la bielle du cylindre supérieur.

Je n'ai pas complètement démonté le vilebrequin en laissant dessus le pignon de transmission primaire, si bien que le vilebrequin et ses deux bielles restent " prisonniers " du carter central droit.

Cela n'est pas trop gênant, sauf qu'il n'est plus possible de placer le vilebrequin ou la bielle dans un étau pour la démonter ! Cette fois j'ai compris la leçon de l'écrou d'embrayage, je suis allé acheter une clé à choc avec une douille FACOM spéciale, dite " extra fine " à 12 pans. En effet, les vis de tête de bielle présentent 12 pans (au lieu de 6, pour ceux qui dorment déjà) avec très peu d'espace autour pour passer l'outil. Cette douille munie d'un carré de 12,7 mm (1/4 de pouce) est idéalement fait pour ça et je peux la monter aussi bien sur la clé à choc que sur la clé dynamométrique pour l'assemblage...

Ne l'oublions jamais: les bons outils font 50% de la réussite d'un travail! Et en mécanique de précision, je me demande si ce ne serait pas plutôt 80% :-)

Je règle la clé à choc au 1/4 de sa puissance maximale et je donne alternativement quelques petits coups prudents sur les deux têtes de vis: au troisième passage, elles se démontent sans effort. Merci l'air comprimé!

Dépose
Le carter droit porte le vilebrequin et la bielle restante.
La bielle surnuméraire est déposée.

Au passage, je me suis aperçu que ces pistons semblaient bien gros pour de " petits " 88mm de 748... J'ai pris mon pied à coulisse (ce qui n'est absolument pas sale, même seul dans un atelier pendant de longues heures) et j'ai mesuré le diamètre des pistons. Et là, la gosse surprise en bonus dont je parlais plus tôt: ce moteur n'est pas un 748cc mais un 854cc, c'est à dire un moteur racing obtenu avec un bas moteur de 748 (61,5 mm de course) monté avec un haut moteur de 916 (94mm d'alésage) et des pistons spéciaux. On obtient, ce n'est pas moi qui le dit, l'un des meilleurs moteur racing Ducati, puisqu'à l'aide de pistons du même poids que ceux du 748 d'origine, ce type de moteur est capable de prendre bien plus de 10.000 tours et délivrer environ 120Cv.

Desmono, qui devait à l'origine cuber 748 / 2 = 374cc fait maintenant 427cc ce qui est plus d'acceptable.
Seul Desmono II pourra atteindre environ 55 Cv avec un balancier d'équilibrage. Desmono, lui, se contentera d'environ 40Cv, enfin j'espère!